Informations Ouvrières n°451

Nous y sommes
mercredi 3 mai 2017
par  POI National
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Nous y sommes 

 Claude Billot-Zeller, membre du bureau national du POI 

 La consigne de vote, c’est fini, nous sommes libres de voter comme bon nous semble, mais voter ci, voter ça : ce serait inconséquent, irresponsable, une faute ! Un déshonneur ?… mais qui sont-ils, qui sont-elles ? Pour qui se prennent- ils, se prennent-elles pour nous dire quel bulletin de vote nous devrions mettre dans l’urne ? Nul n’est propriétaire de nos votes. Nous avons cette pleine liberté, à nous de l’exercer, ou pas, à notre guise. 

 Le deuxième tour de la présidentielle, l’une, Mme Le Pen, ou l’autre, M. Macron, ont un seul et même objectif : abattre le plus vite possible nos acquis et toutes nos protections sociales. Tout ça coûte trop cher et il n’y a pas d’argent ! Pour qui ? Quel cynisme ! Il est nécessaire pour l’une comme pour l’autre de maintenir, de contenir coûte que coûte la concentration des richesses, des pouvoirs dans leurs mains. Elle ou lui fera allégeance à l’oligarchie, à la nouvelle aristocratie triomphante du fric qui règne sur le pouvoir politique. Notre personnel politique : Hollande, Valls… aujourd’hui et celles et ceux de demain se sont mis et se mettront au service des banquiers, du CAC 40, du Medef, car ils en veulent et il leur en faut toujours plus. 

 Les associations à caractère caritatif sont inquiètes, elles appellent à voter : c’est « la bien-pensance des valeurs républicaines ». La République, utile rappel dans le texte, mais abandonnée et piétinée dans les actes. Car le FN, Mme Le Pen, a pour principe de baisser les subventions aux associations et va jusqu’à leur suppression dans les communes dont il a la gestion. Mais pourquoi ces associations n’ont-elles pas tiré le signal d’alarme plus tôt, lorsque la secrétaire d’État à l’économie sociale et solidaire, en mars 2016, a mis en oeuvre le CIS (contrat à impact social), partenariat privé-public ? La marchandisation à tout va doit atteindre des résultats dans tous les domaines. Le social aussi devient un marché financier. Bien sûr, le marché doit atteindre des résultats favorables aux investisseurs privés. 

 Ce premier tour de la présidentielle voit la Ve République à bout de souffle s’écrouler et le 1erMai 2017 marquer nettement l’échec du syndicalisme rassemblé. Voilà des sujets de réflexion à méditer rapidement pour celles et ceux qui auront les rênes du pouvoir. Ensuite les législatives : comment, où et avec qui trouver une majorité ? Les électeurs qui auront voté Le Pen ou Macron, pour diverses raisons qui leur appartiennent, retourneront certainement à leurs premières amours aux législatives. L’heureux élu(e) ne devra pas oublier qu’il ou elle a été élu avec seulement un quart des votes de la population, et aussi être attentif au score obtenu par le ou la perdant( e). 

 Quel que soit le résultat de ce second tour, rien n’ira mieux, rien ne sera meilleur pour la classe ouvrière : travailleurs, paysans, retraités, jeunes, militants, syndicalistes de ce pays. 

 La résistance qui n’a pas failli depuis des mois (grèves, manifestations) continue, s’organise et se renforce. Les délégués de la conférence nationale du 25 mars proposent de constituer un Comité national pour la défense des acquis et des droits arrachés en 1936 et 1945, bien sûr sans oublier ni négliger toutes les conquêtes obtenues depuis. Les débats et les discussions se poursuivent dans les comités toujours attentifs aux diverses sensibilités. Ensemble, réfléchissons à ce que nous voulons et espérons de ce Comité national pour être prêts à affronter la nouvelle situation politique et à lutter contre la barbarie et la guerre que nous a déclarée le capitalisme financier. 

IO451 

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