Editorial Informations Ouvrières n°444

Construire un « pacte de résistance »
mercredi 15 mars 2017
par  POI National
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Construire un « pacte de résistance » 

Par Jean-Charles Marquiset, membre du bureau national

Depuis des semaines, il faudrait croire que toute l’actualité se résume à l’élection présidentielle. Certes, il y a les affaires, les alliances, les désunions… À la vérité, cela reflète la crise des institutions, la crise des partis, notamment du Parti socialiste et des Républicains, qui étaient là pour les pérenniser. En fait, une véritable crise de régime. L’homme providentiel, le sauveur suprême, qui pourrait encore y croire ? Et pourtant, l’élection présidentielle va avoir lieu. 

Malgré sa victoire lors de la primaire de la droite et du centre, Fillon est rattrapé par les affaires mais, coûte que coûte, il ira. Le parti Les Républicains n’en sortira pas indemne. Macron, c’est la poursuite du quinquennat Hollande ; c’est aussi la loi Macron avec les résultats que l’on connaît. Marine Le Pen, ce sont ses thèses xénophobes contre la classe ouvrière et ses garanties. Et il y a Hamon, l’homme qui a essayé de reconstituer l’union de la gauche, l’homme pour requinquer le quinquennat, l’homme qui déclarait il y a quelques jours : la ministre Touraine porte « l’acquis social du quinquennat ». Les fonctionnaires et les travailleurs de la santé apprécieront ! 

Le Parti socialiste n’en sortira pas non plus indemne, et ce pourrait être la première fois que les deux principaux partis liés aux institutions de la Ve République soient balayés dès le premier tour. 

Ce qui est sûr, c’est que quel que soit le candidat élu, la lutte de classe sera à l’ordre du jour, comme elle s’est exprimée une nouvelle fois le 7 mars, quand des dizaines de milliers ont manifesté à Paris contre la loi Touraine, les GHT, à l’appel de la CGT, de FO et de SUD, accompagnés par des travailleurs d’autres secteurs. 

Les futurs dirigeants sont avertis. 

S’il est sûr que la crise peut prendre des formes multiples, il est clair qu’une « explication générale » se prépare, classe contre classe. 

Les institutions de la Ve République sont au bord du gouffre. Les partis historiques (Les Républicains, le Parti socialiste, comme le PCF à son échelle) du maintien de l’ordre au profit du capital se disloquent. Mais quel que soit le président élu, le gouvernement mis en place, ceux-ci seront plus que jamais chargés de liquider, de déréglementer, de privatiser pour répondre aux exigences du capital financier. 

Face à cela, il y a, et il y aura, la résistance de la classe ouvrière, pour défendre ses revendications, avec ses organisations syndicales qui sont la première forme d’organisation de notre classe contre la classe dominante. Contre le pacte social que voudra imposer le nouveau président et son gouvernement, il faut construire un pacte de résistance, qui pose aussi la question du pouvoir en liaison directe avec la lutte de classe, un pacte de résistance qui sera au coeur de la conférence nationale de délégués des comités de liaison et d’échanges qui aura lieu le 25 mars à Paris. Une conférence politique où des militants ouvriers, syndicalistes, élus, des adhérents du POI, du PG, du PCF… échangeront entre eux et ouvriront une perspective politique nouvelle, celle de la défense des garanties ouvrières telles que la Sécurité sociale, la protection sociale et toutes les conquêtes collectives acquises par la classe avec ses organisations. 

Ce qui est vrai en France se retrouve aussi dans des dizaines de pays, dans la préparation de la Conférence mondiale ouverte que des militants ouvriers ont commencé à préparer activement dans leur pays, conférence qui se réunira en octobre à Alger. 

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