Editorial Informations Ouvrières n°443

Non pas un plan C ou D pour sauver les institutions, mais un plan lutte de classe pour sauver les travailleurs
mercredi 8 mars 2017
par  POI National
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Non pas un plan C ou D pour sauver les institutions, mais un plan lutte de classe pour sauver les travailleurs 

Le point de vue deDidier Brémaud, membre du bureau national du POI 

Trois cents élus LR ont abandonné Fillon en quelques jours. Juppé a redit ce lundi matin qu’il ne sera pas le plan B. Ce lundi soir, le comité politique LR a donc décidé « à l’unanimité » de soutenir Fillon… jusqu’au prochain rebondissement. Le parti héritier du fondateur des institutions actuelles est à terre : fillonnistes, sarkozystes, juppéistes et centristes assistent pétrifiés, tout en y participant activement, au naufrage collectif de leur mouvement. Ce dimanche à Paris, Fillon avait appelé à un rassemblement en soutien à sa candidature. C’était au départ un rassemblement « contre le coup d’État des juges », c’est-à-dire contre la justice, une institution pivot de la Ve République ! 

Samedi 4 mars, Le Figaro intitule l’un de ses articles « Grèves en cascade dans l’aérien, jusqu’à un tiers des vols annulés la semaine prochaine »… Au soir de la grève du 7 mars, dont on lira les premiers comptes rendus dans les colonnes de ce numéro, les syndicalistes qui l’ont construite savent qu’ils disposent maintenant d’un nouveau point d’appui pour les batailles qui s’annoncent. À l’appel de la CGT, de FO et de SUD, des milliers de travailleurs de la santé ont clamé leur refus d’une politique qui, de Sarkozy à Hollande, a supprimé des lits et fermé des postes par milliers, plongé les hôpitaux dans un état épouvantable et provoqué cet hiver 19 000 morts supplémentaires à l’occasion de l’épidémie de grippe. Aux côtés des travailleurs de la santé, les territoriaux ont manifesté en masse à l’appel de la CGT et de FO : ils sont les premières victimes de la réforme territoriale et des économies attendues des collectivités locales dans la lutte contre le déficit public. Il y avait aussi les agents de la Sécurité sociale, de Pôle emploi, les enseignants, les fonctionnaires de plusieurs administrations, les agents de l’Afpa, de la Mutualité, d’EDF et GRDF, des employés d’Air France… la plupart du temps à l’appel des syndicats CGT, FO et Solidaires. 

À cinquante jours du premier tour de l’élection présidentielle, d’une certaine façon la grève du 7 mars dessine le programme dont ont besoin les travailleurs ! La conférence nationale des délé- gués des comités de liaison et d’échanges qui aura lieu le 25 mars aura à débattre de la réponse politique que les militants ouvriers vont apporter à la classe ouvrière dans cette situation. Non pas d’un plan C ou D pour sauver les institutions mais d’un plan lutte de classe pour sauver les travailleurs, la jeunesse, leurs acquis, les services publics et toute la société que les rapaces de la finance voudraient soumettre, étriller, raboter, briser au nom de « l’iné- vitable » diminution du coût du travail ! 

Hamon, Jadot et quelques autres, dont les dirigeants du PCF, auraient voulu reconstituer la gauche plurielle derrière Hamon. Ce dernier a luimême déclaré, après avoir rencontré Mélenchon, qu’ils seraient tous les deux candidats. Vu la manière dont Hamon entend marcher dans les pas du quinquennat de Hollande, on peut comprendre le maintien de Mélenchon. Comment s’allier aux responsables de la casse du Code du travail, de l’hôpital ou de l’école soumise à la territorialisation ? Peut-on s’allier à celui qui remet en cause le salaire avec le revenu universel ? Pour barrer la route au FN, faudrait-il faire cause commune avec ceux qui lui ont pavé le chemin ? La seule voie possible pour unir les travailleurs est celle qui est fondée sur les revendications. 

Assurons le succès de la conférence du 25 mars !

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