Editorial Informations Ouvrières n°495

Macron, ce presque rien
mercredi 21 mars 2018
par  POI National
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Mercredi 21 mars 2018
Le point de vue de Thomas Gomez, membre du bureau national du POI

Macron, ce presque rien 

Thomas Gomez, membre du bureau national du POI

Ce 15 mars 2018, nous pouvons lire dans la presse nationale française que « Macron est presque seul », mais organisé, ajouterais-je. Il va vite, il frappe fort et tous azimuts. Ces mots sont issus de l’édito des Échos de Cécile Cornudet, dans lequel on peut lire également : « Il faut faire de la politique, mais l’exécutif manque de politiques. Édouard Philippe aux fourneaux, Christophe Castaner à l’Assemblée, Gérald Darmanin sur France 2 et puis… c’est presque tout. » Ce désaveu de la frange la plus libérale face à cette élite bourgeoise marque un point d’inflexion non négligeable dans la situation actuelle. Emmanuel Macron détruit tout, cela se fait sans explications et au nom de qui, de quoi ? 

À l’aube d’une mobilisation du 22 mars qui s’annonce forte, la réponse de l’exécutif ne serait donc rien… ou presque ? Tout le paradoxe de ce colosse aux pieds d’argile est là. 

Depuis son élection, il y a presque un an, Emmanuel Macron ne dispose d’aucune assise politique légitime et l’une des dernières trouvailles miraculeuses pour garder ce presque rien est l’introduction de la proportionnelle aux prochaines législatives, afin de permettre aux institutions de la Ve République de perdurer. 

Pourtant, cela ne l’empêche pas d’avancer au pas de charge contre tout ce qui a construit les avancées des droits des travailleurs de ce pays. Statuts des fonctionnaires, des cheminots, attaque contre le baccalauréat, les hôpitaux, les retraites, les salaires, le Code du travail, la Sécu, la liste est longue et s’allonge de semaine en semaine. 

Fort, rapide, mais faible à la fois, comment peut-il se le permettre ? 

L’amalgame qui est fait par les grandes puissances financières nationales et internationales avec les desiderata des patrons par le biais du Medef, appuyé par des oligarques politiques accrochés à leur mandat, couplé à la tentative d’intégration de la tête des organisations syndicales aux réformes (cf. l’article du no 494 d’IO sur le rôle de Bernard Thibault au Cojo). Tout cela participe au bon déroulement de la politique d’Emmanuel Macron… enfin presque. 

Car la résistance de la classe ouvrière est là, multiple, plurielle, forte. Et ça, ce n’est pas rien. La participation de milliers de personnes, cadres-militants, membres de LFI, élus et conseillers municipaux, syndicalistes, aux nombreux CRR organisés partout dans le pays et qui soumet à discussion l’organisation et la riposte politique. La préparation et la participation large à la grève du 22 mars afin de gagner sur les revendications. La réunion du CNR ce samedi 24 mars à Paris, qui fait suite à la volonté de résister et reconquérir ces acquis de 36 et 45 arrachés par nos prédécesseurs. Les contributions riches, nombreuses, à Informations ouvrières, cette tribune libre des travailleurs qui est l’expression chaque semaine de leur souhait émancipateur. 

Alors on peut taxer la violence et l’intransigeance d’Emmanuel Macron de presque rien… Il n’en est pas moins que la réaction dans les semaines et mois à venir, de tous ceux qui partagent ce constat et veulent le combattre, ne sera pas rien ! 

IO495 

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