Editorial Informations Ouvrières n°439

Du pas terrible au pathétique
mercredi 8 février 2017
par  POI National
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Le point de vue de Geoffrey Excoffon,
membre du bureau national du POI

Du pas terrible au pathétique 

Ce sera sans doute la présidentielle la plus catastrophique de toute l’histoire de la Ve République. Les primaires à droite et à gauche avaient déjà an - noncé que tout ne serait pas simple. Premièrement parce que le candidat espéré pour représenter son propre parti ne fut pas celui prévu, et deuxièmement parce que les électeurs ne jouèrent pas le jeu en s’abstenant massivement de participer à cette farce politico-médiatique. Bref, ce n’était déjà pas terrible. Mais, aujourd’hui, nous avons atteint le summum du pathétique. 

A gauche tout d’abord, le résultat de l’élection de M. Hamon à la primaire convient si peu au camp « socialiste » que certains se disent prêts à rejoindre M. Macron. 

M. Hamon, qui voulait se placer en rupture avec la politique d’extrême droite de Hollande, finit par dire que tout n’est pas si mauvais dans le bilan de ce quinquennat. Le candidat Mélenchon quant à lui – proeuropéen depuis 1992 – ne décolle pas dans les sondages. Ce que l’on peut comprendre quand l’un des points de son programme serait la refondation des traités européens, et non la rupture claire et nette avec l’Union européenne. Rappelons que toute modification des traités européens – ou la sortie de l’Otan – nécessite l’accord à l’unanimité des vingt-huit pays membres (1). 

A droite, c’est la Bérézina. L’affaire Penelope Fillon est en train de faire exploser le parti Les Républicains et probablement de mettre un coup d’arrêt définitif à la candidature de leur poulain. Le FN quant à lui se voit réclamer par l’Union européenne 300 000euros pour cause, lui aussi, d’emplois fictifs. 

M. Macron, lui, est le produit de quarante ans d’abandon des idées marxistes-léninistes par le PS et le PC. Il est le résultat de l’ouverture officielle du PS aux idées libérales depuis 2008. Macron est la synthèse entre la droite capitaliste et la direction « socialiste »… devenue capitaliste. 

Mais tout cela, la classe ouvrière le sait déjà car c’est elle qui souffre depuis des décennies de la politique alternative de droite ou « de gauche » qui est menée par nos élus. C’est elle qui en prend plein la figure en voyant ses hôpitaux transformés en hôpitaux de guerre, son Education nationale liquidée, ses usines fermées, son Code du travail anéanti, etc. 

Ce qu’elle sait peut-être moins, c’est la rencontre tenue le plus discrètement possible fin octobre à l’Elysée et relayée par le Wall Street Journal le 6 janvier : « Le président français, François Hollande, a rencontré fin octobre le directeur général de J. P. Morgan Chase, James Dimon, et a demandé comment la France pourrait attirer des emplois financiers à Londres après le Brexit. Le message de M. Dimon était franc : les chances que les banques déplacent plus d’employés vers la France étaient minces à moins que le pays supprime strictement ses lois du travail. M. Hollande a assuré M. Dimon que le changement viendrait. Mais cela se passerait sous son successeur, dit-il. » 

Autrement dit, quel que soit le candidat élu en mai, sa politique sera dans la droite ligne de celle des présidents précédents. La classe ouvrière n’a donc rien à attendre de ces élections. Ce qui est essentiel, c’est son propre mouvement. 

Le 7 mars prochain, les personnels hospitaliers appellent à la grève et à une manifestation nationale. D’autres secteurs d’activité vont se joindre à eux. Le 25 mars aura lieu la conférence des délégués des comités de liaison et d’échanges. La classe ouvrière a d’ores et déjà choisi. Elle va non seulement défendre ses intérêts mais tâcher aussi d’ouvrir un chemin vers son émancipation.

(1) Article 4 alinéa 7 du traité de l’UE. 

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