Editorial Informations Ouvrières n°437

« On n’est jamais si bien servi que par soi-même… »
mercredi 25 janvier 2017
par  POI National
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« On n’est jamais si bien servi que par soi-même… » 

Le point de vue de Fabrice Rastoul, membre du bureau national du POI L’

Obamacare, ce n’est pas la Sécurité sociale de 1945, fondée sur la solidarité ouvrière et le salaire différé. Cependant, la mesure symbolique des deux mandats d’Obama a permis l’accès à un système privé de soins pour une fraction (20 millions) d’Américains qui en étaient totalement dépourvus. 

Alors que le budget annuel de la défense américain est de 622 milliards de dollars, celui de l’Obamacare est de 90 milliards par an dans un pays de 300 millions d’habitants. A titre de comparaison, en 2015, la Caisse nationale d’assurance maladie de la Sécurité sociale a versé 159,6 milliards d’euros de prestations. Réaffirmons que l’Obamacare n’a rien à voir avec la Sécurité sociale, qui demeure en France la principale conquête de la classe ouvrière depuis 1945. 

Mais c’est encore trop pour Trump qui, quelques heures après avoir prêté serment, signe un décret autorisant le Congrès à dissoudre l’Obamacare. Curieux signe des temps qui amène la classe capitaliste américaine à s’appliquer l’adage réactionnaire « on n’est jamais si bien servi que par soi-même », en constituant une administration de milliardaires chargée de légiférer pour eux-mêmes. 

Significative, la décision de la classe capitaliste qui confie la fonction suprême à un individu raciste, sexiste, misogyne et dont les déclarations ont dès le lendemain de son investiture déclenché des manifestations massives dans plusieurs villes américaines. 

Terminé, manifestement, le temps où la classe capitaliste américaine pouvait confier à des supplétifs la charge de la défense de ses intérêts. Le temps est venu où il faut endosser soi-même le bleu de chauffe et mettre les mains dans le cambouis. 

Terminé également le temps où l’administration états-unienne pouvait confier aux instances supranationales (l’Union européenne, le traité nord-américain…) la défense d’une partie de ses intérêts… Il y a fort à parier que les Brexit se multiplieront. 

Ce que la montée en première ligne de ce cartel de milliardaires et de généraux met à l’ordre du jour, c’est une lutte de classe directe et frontale pour défendre ses possessions. 

En France, le premier tour de la primaire vient de se terminer, spectacle pitoyable de la Belle Alliance, constituée pour la plupart d’ex-ministres ayant participé à la destruction de l’enseignement, de la santé, du Code du travail… ayant grassement distribué les milliards prélevés sur les salaires des travailleurs aux patrons (pacte de responsabilité). Populaire, la Belle Alliance ? Pas dans les urnes, en tout cas, puisque tous candidats confondus elle recueille 2,5 % des voix du corps électoral ! 

Et curieux signe des temps aussi de ce côté de l’Atlantique, qui voit une partie du personnel politique se ranger derrière le candidat des banquiers Macron. 

Mais la politique ayant horreur du vide, alors que les partis de l’alternance sont à bout de souffle, par une sorte de principe de vases communicants, les luttes de classe s’organisent, de nombreuses grèves ont lieu. Une première échéance se prépare pour le 7 mars avec l’appel des fédérations syndicales contre la loi santé, journée de grèves et de manifestations à laquelle se rallient d’autres secteurs. 

Les milliardaires et les banquiers d’un côté, la classe ouvrière avec ses organisations de l’autre : c’est limpide. 

IO437

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