Editorial Informations Ouvrières n°490

Jusqu’à quand ?
mercredi 14 février 2018
par  POI National
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Jusqu’à quand ?

Jean-Pierre Bréus, membre du bureau national du POI

À l’instar du général américain Curtis LeMay qui, en 1965, menaçait les Vietnamiens de les « ramener à l’âge de pierre », le gouvernement Macron, avec le même mépris pour le peuple, est pleinement engagé dans la mission que lui a confiée le capital financier : rayer près de deux siècles de conquêtes ouvrières. Face à cette furie dévastatrice, dans les discussions entre les travailleurs du public comme du privé, les jeunes, les retraités, une question revient : jusqu’à quand ?

S’il n’est bien sûr pas possible de répondre à cette légitime interrogation, toute l’histoire du mouvement ouvrier démontre que seul l’établissement d’un rapport de force, classe contre classe, permettra de bloquer cette politique, permettra la reconquête. Cette même question, pour des raisons différentes, est posée par Le Figaro, Le Monde, Les Échos… qui tous s’interrogent avec angoisse sur la capacité du gouvernement à réaliser la condition indispensable au succès de sa politique, en finir avec l’existence d’organisations syndicales indépendantes, instaurer le corporatisme. Après l’adoption des ordonnances, et se sentant sans doute encouragé en ce sens par la position des directions des confédérations qui avaient pourtant combattu la loi El Khomri, le gouvernement se permet d’annoncer un plan de départs volontaires pour les agents de la fonction publique, tentative mal déguisée de faire voler en éclats le statut général des fonctionnaires, se permet de faire publier le rapport Mathiot dont le maître mot est « autonomie », rapport qui, s’il était appliqué, signifierait la fin du baccalauréat comme diplôme national, la fin d’un lycée dispensant des enseignements disciplinaires, la fin du statut des enseignants.

Mais les premières fissures apparaissent dans ce bel édifice. Le mouvement des personnels pénitentiaires a montré que la rage que suscite chaque annonce de ce gouvernement est telle que, comme en Tunisie fin 2010, un événement isolé peut déclencher un mouvement d’ampleur. Après la publication du rapport Mathiot, les assemblées générales se multiplient dans les lycées et, passée la phase de sidération de certains collègues, conscients qu’il s’agit d’un bouleversement sans précédent de l’enseignement secondaire (et de l’université), il s’en dégage une profonde volonté de combat, la même volonté manifestée par les personnels des Ehpad.

Et, fait fondamental, n’en déplaise à Macron et à tous les adeptes du corporatisme, dans tous ces combats, les travailleurs se saisissent de leurs organisations syndicales qu’ils considèrent toujours comme l’instrument de défense de leurs intérêts particuliers, en témoigne l’appel de dix syndicats d’Air France à une grève le 22 février, de sept syndicats de fonctionnaires à une journée de grève et de mobilisation le 22 mars.

Dans ces luttes pour la défense de leurs conquêtes, les travailleurs se trouvent confrontés à des obstacles. Les identifier, construire la force politique pour les surmonter, nécessite la discussion la plus libre entre militants ouvriers, politiques, syndicalistes, élus confrontés à l’asphyxie financière des communes. Informations ouvrières est l’animateur de cette discussion, il est au centre de la préparation de la conférence du mois de juin à l’appel du Comité national de résistance et de reconquête. Comme la formation d’un Comité international de liaison à la suite de la 9e CMO, l’objectif de milliers de travailleurs présents à cette conférence est un objectif à la mesure de la nouvelle période qui s’ouvre.

IO490 

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