Editorial Informations Ouvrières n°431

Un de plus
mercredi 7 décembre 2016
par  POI National
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Le point de vue de Lucien Gauthier, rédacteur en chef 

Après Cameron, démissionnant suite au référendum sur la sortie de l’Union européenne de la Grande- Bretagne ; Sarkozy et Juppé sèchement battus lors de la primaire à droite ; Hollande qui s’en va, c’est au tour de Matteo Renzi de démissionner après le vote non massif au référendum en Italie. 

Les sommets de l’Union européenne et les médias cherchent à se rassurer avec l’élection d’un candidat écologiste contre le candidat d’extrême droite en Autriche. Ils oublient qu’au premier tour, le parti socialiste et le parti de droite ont été éliminés en recueillant à peine 10 % des voix. Ce sont là l’expression de la crise de tous les gouvernements de l’Union européenne et celle de la crise de dislocation de l’Union européenne menacée maintenant d’une tempête financière suite au référendum italien (lire page 10). 

La décision du président bonaparte, Hollande, maître en théorie des institutions antidémocratiques de la Ve République, de ne pas se représenter est une première dans l’histoire de la Ve République. Elle exprime non seulement une crise politique paroxystique de son gouvernement, mais avec le résultat de la primaire à droite, c’est le régime tout entier qui est frappé. La mobilisation durant cinq mois des travailleurs avec leurs organisations contre la loi El Khomri a été un facteur d’accélération de cette crise. En effet, tous les gouvernements sont pris en tenaille entre les exigences du capital financier et la résistance des travailleurs. 

L’annonce de la candidature de Valls afin de prolonger et d’amplifier cette politique, puis la nomination de Cazeneuve, ministre de la police, comme nouveau Premier ministre, indiquent que la crise de décomposition se poursuit avec ses risques de coups tordus, d’attentats, d’état d’urgence, de répression antisyndicale. Hollande part, mais sa loi travail demeure, comme les attaques contre l’hôpital, l’école, la Fonction publique, qui seront utilisées par ses successeurs pour avancer encore dans les « contre-réformes ». 

Il est une évidence, en effet : de gauche ou de droite, le prochain président et son gouvernement seront sommés de mettre en oeuvre plus avant les exigences du capital financier, qui sont de faire table rase de tout ce qui a été acquis et notamment depuis 1945. Comme en témoigne le rejet massif à chaque scrutin (véritables « insurrections électorales » selon les termes d’un commentateur), l’issue pour les travailleurs ne se trouve ni dans des replâtrages ni dans les combinaisons politiques. 

Du fait des nouvelles exigences du capital financier, qui sont de tout détruire (fonction publique, Sécurité sociale, Code du travail, etc.), un choc est inévitable entre le capital et le travail. 

Pour se défendre, pour balayer toutes ces politiques, les travailleurs devront briser les reins de l’offensive du capital financier, du capital financier lui-même. 

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