Editorial Informations Ouvrières n°429

L’union grandissante des travailleurs…
mercredi 23 novembre 2016
par  POI National
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Le point de vue de Jean-Pierre Bréus, membre du bureau national du POI¶

La crise du système capitaliste est un fait. Cette crise est au coeur des résultats des élections aux Etats-Unis, où près d’un électeur sur deux, en s’abstenant, a refusé de choisir entre deux représentants du capital financier. Ces résultats ont donné lieu à des commentaires haineux sur une prétendue montée des populismes, les mêmes entendus en Europe après le Brexit. Ces résultats marquent au contraire un profond rejet de la politique menée partout par ce capital financier. Ils sont, sur le terrain électoral, l’expression de l’existence de classes aux intérêts opposés. 

En Espagne, l’extrême difficulté qu’ont eue les directions des partis institutionnels à mettre en place un fragile gouvernement Rajoy est le produit de la lutte des classes exprimée dans des centaines de motions de l’UGT et des CCOO, de la résistance qui s’est manifestée chez la majorité des militants du PSOE. En Italie, l’appel de la principale confédération, la CGIL, à dire « non » à la réforme constitutionnelle du gouvernement Renzi, lors du référendum du 4 décembre, est un formidable point d’appui pour l’abrogation du Jobs Act, équivalent de la loi El Khomri en France. Ces dernières semaines, les manifestations en Pologne contre l’interdiction de l’avortement, en Belgique contre la remise en cause de la semaine de trente-huit heures, la grève des personnels de santé en Roumanie, montrent bien que les exigences de plus en plus brutales du capital financier, reprises servilement par les gouvernements en place, rencontrent la résistance croissante des classes ouvrières et de leurs organisations. 

En France, l’adoption de la loi El Khomri à coups de 49.3 n’a en rien entamé la détermination des travailleurs, leur colère et leur volonté d’en découdre. Certes, la classe ouvrière n’a pas gagné ce combat, mais le gouvernement, lui, n’a pas écrasé la classe et ses organisations. Sa décomposition galopante est la conséquence directe du refus du « dialogue social » (sic) par les confédérations CGT, FO, la FSU, les organisations de jeunesse, de leur volonté de porter les revendications des travailleurs, c’est-à-dire le refus d’accompagner les plans du gouvernement. Dans le Manifeste du Parti communiste, à propos des luttes ouvrières, Marx écrivait : « Le véritable résultat de leurs luttes est moins le succès immédiat que l’union grandissante des travailleurs. » Cette union grandissante, elle s’est manifestée dans de nombreux secteurs : le 8 novembre, lors de la grève des personnels de santé, grève qui aura des suites ; le 15, chez les agents des Finances publiques, chez les postiers, chez les enseignants dans leur refus d’un projet d’évaluation qui porte en germe la liquidation de leur statut particulier. Elle n’attend rien d’une élection présidentielle où la violence des propositions de la droite s’appuie sur ce qu’a réalisé la « gauche » depuis 2012. 

La question posée, en France, dans toute l’Union européenne (et au-delà bien sûr, notamment aux Etats-Unis), c’est de traduire en une force politique organisée cette union grandissante des travailleurs, une force politique qui, forgée dans la lutte des classes, sera capable de mettre en place des gouvernements de défense des droits et intérêts de la classe ouvrière. Dans le strict respect des engagements de chacun, c’est cette réflexion qui est au coeur des discussions engagées dans les comités de liaison et d’échanges, c’est à cette tâche historique que sont conviés tous les travailleurs, les militants, les démocrates engagés dans la défense de leurs conditions d’existence menacées par la barbarie capitaliste. 

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