Editorial Informations Ouvrières n°430

Casting
mercredi 30 novembre 2016
par  POI National
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Le point de vue de Lionel Parlant, membre du bureau national du POI 

Malgré des semaines de matraquage autour du casting, tout juste un inscrit sur dix aura pris part au jeu désignant Fillon comme le candidat du camp de « la droite et du centre ». 

Que ce soit sur le nombre de fonctionnaires à supprimer ou le nombre d’heures de travail au-delà des trente-cinq heures qu’il faudra imposer aux salariés, leurs incantations n’auront pas masqué que leur seul désaccord reposait sur la méthode choisie – tout autant susceptible de s’adapter – pour poursuivre la casse des acquis que la classe ouvrière a arrachés et défendus au cours des dernières décennies. 

Tous « s’inscrivent dans le mouvement de renforcement du dialogue social au niveau des entreprises porté par les dernières lois du quinquennat socialiste (Sapin, Rebsamen, El Khomri)... Tous les deux reprennent à leur compte les grands principes du rapport Combrexelle : décentralisation du dialogue social et limitation du Code du travail à quelques grands principes » (Le Figaro, 24/11/2016). 

Retenant les leçons de la mobilisation contre la loi travail, ils ne voient pas leur action dans un autre cadre que son application, s’interrogeant sur la capacité à intégrer ou affronter directement les organisations ouvrières qui ont appelé à la combattre. 

C’est toute leur inquiétude et le signe d’un régime au bord de l’implosion : comment répondre aux exigences de destruction dictées par le capital tout en contenant la lutte des classes qui se mène dans tout le pays ? 

Pour la première fois depuis qu’il est actionnaire de la CNR (Compagnie nationale du Rhône), le groupe Suez fait face à la détermination de ses salariés en grève reconductible depuis le 22 novembre contre un projet de réorganisation qu’il présentait incontournable pour tous. 

A La Poste, malgré la certitude de ses dirigeants d’avoir contourné l’opposition aux réorganisations avec le rapport Kaspar, centre après centre, les agents décident de l’action face à la remise en cause des tournées, des emplois et de leurs régimes de travail. Dans les mêmes dispositions que les prétendants au trône suprême à l’Elysée, la direction de l’entreprise, qui redoute la propagation des conflits, soumet un texte aux organisations syndicales qui n’a pour autre fin que de miser sur l’accompagnement de sa politique de saccage menée jusque-là. Pour elle, une seule voie possible : l’achèvement de ses plans en portant un coup majeur à la capacité du facteur d’être titulaire de sa tournée, la réalisant en vacation matinale continue selon le régime de travail qu’il aura choisi, le moins flexible. Lors d’une réunion de la fédération de la CGT à ce sujet, un responsable lâche : « On est à un tournant ! » Dans la profession comme ailleurs la pression est énorme. 

C’est pourquoi le gouvernement compte lui aussi déployer ses arguments pour se présenter comme apte à poursuivre l’ouvrage. Hollande revendique de disposer de Laurent Berger qu’il nomme « ministre du Travail bis  » quand Cambadélis en appelle aux syndicats pour « dépasser le parti et tout remettre à plat » (La Croix, 24/11/2016). 

Ces implorations désespérées risquent de rencontrer un succès très limité. 

Dans les réunions des comités de liaison et d’échanges, les travailleurs témoins des menaces qui planent sur l’indépendance de leurs organisations syndicales cherchent à aider au déroulement de la lutte des classes. 

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