Editorial Informations Ouvrières n°481

Que dire de ce gouvernement...
mercredi 29 novembre 2017
par  POI National
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Que dire de ce gouvernement... 

Yannick Sybelin, membre du bureau national du POI

J’ai siégé pour la première fois dans une instance de l’hôpital en 1981. La présidente du CTP expliquait que les décennies prochaines auraient à gérer l’effet du baby-boom à venir, qu’il fallait donc anticiper ce papy-boom en investissant dans des structures pour prendre en charge ce flot de personnes âgées, d’autant que la situation serait « aggravée » par l’allongement de l’espérance de vie. 

Près de quarante ans plus tard, on peut constater que l’analyse était bonne mais que rien, ou si peu, n’a été fait. Il faut des événements dramatiques, telle une canicule comme en 2003, ou une vaste épidémie de grippe pour que les politiques, réagissant aux campagnes médiatiques, semblent s’intéresser au sort des anciens. 

En réalité, les EHPAD, leurs personnels et les personnes âgées hébergées sont en grande souffrance. La maltraitance est devenue institutionnelle. On voit les professionnels se révolter, comme aux Opalines dans le Jura où la grève aura duré quatre mois, quand ce ne sont pas les résidents eux-mêmes comme à Paimboeuf, en Loire-Atlantique, qui dénoncent leurs conditions de vie. 

Les directeurs d’Ehpad tirent la sonnette d’alarme depuis longtemps auprès de leurs tutelles. Aujourd’hui, devant l’aggravation des situations, ils s’expriment publiquement. Ils adressent des courriers aux présidents des départements et au ministère, dans lesquels ils déclarent : « Nous sommes au bout de ce qu’il est possible d’accepter… », clament leur « désarroi », celui de leur personnel face au « manque de moyens humains » et « l’augmentation des cadences »… Au final, « c’est bien le résident qui en pâtit », déplorent-t-ils, soulevant « la question de l’humanité en Ehpad ». 

La modification du calcul des dotations aux maisons de retraite suscite la colère des directeurs d’établissement. 

En modifiant le mode de calcul de la dotation dépendance, versée par les départements aux établissements publics accueillant des personnes dépendantes, l’application de la loi dite d’adaptation de la société au vieillissement, ASV, votée en 2016, réduit l’enveloppe globale allouée aux établissements publics de… 200 millions d’euros, selon la FHF (1). Son président déclare : « Le précédent gouvernement n’a pas mesuré que les établissements sont au bord du point de rupture. Cette décision les fragilise davantage. Trois cent mille personnes âgées seront touchées par les conséquences de cette réforme. »

 Là encore, ce sont les plus défavorisés qui dérouillent. Les « petits » Ehpad de proximité, de moins de 80 lits, situés dans les villages ruraux, proches des lieux de vie et des familles des résidents sont menacés au nom d’une « rentabilité » à atteindre. 

Pour les riches, le problème ne se pose pas, ils iront dans des Ehpad de luxe, prêts à payer de 3 000 euros à 5 000 euros par mois, parfois plus. Que dire de ce gouvernement qui s’attaque à la jeunesse (voir IO 478), maltraite les plus anciens et détruit les droits de tous, si ce n’est qu’il représente toutes les facettes de la barbarie du capitalisme ? 

À quelques semaines de notre congrès, l’utilité du POI pour organiser politiquement la classe ouvrière est plus que jamais d’actualité. Construisons notre parti, rassemblons les militants ouvriers comme cela se fait dans les comités de défense des acquis de 36 et de 45, préparons la CMO : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

 (1) Fédération hospitalière de France. 

IO481 

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