Informations Ouvrières n°466

« La parenthèse enchantée post-électorale s’est refermée (1) »
mercredi 16 août 2017
par  poivitrolles
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« La parenthèse enchantée post-électorale s’est refermée (1)  »

 Le point de vue de Jean-Pierre Bréus, membre du bureau national du POI 

À l’occasion des cent premiers jours du quinquennat, de nombreux articles parus dans la presse traduisent la profonde inquiétude des marchés financiers sur la capacité du président Macron à réaliser sa mission historique, liquider toute la protection collective arrachée par les travailleurs dans leur combat de classe. Le quotidien Les Échos le 14 août consacre ainsi deux pages à un premier bilan, commençant ainsi : « C’était il y a tout juste deux mois. Tout semblait lui réussir. » La suite est nettement moins optimiste, une phrase résume tout : « Code du travail : le plus dur reste à faire. » Les mêmes craintes apparaissent dans le quotidien Ouest-France le même jour où l’on peut lire des formules telles que : « une rentrée périlleuse… déminer la fronde ». 

Il aura fallu par contre beaucoup moins de cent jours pour qu’apparaissent clairement aux yeux des travailleurs que les premières mesures de ce gouvernement ne sont que la poursuite de celles prises par les précédents, toutes au service du capital financier, et que la seule nouveauté dont peut se parer la politique menée est qu’elle franchit un degré dans la brutalité des coups portés contre la classe ouvrière. 

Alors qu’en France une personne sur sept vit sous le seuil de pauvreté, que ce taux augmente tous les ans, que près de quatre Français sur dix ne se soignent pas faute de moyens, ce gouvernement ose s’en prendre aux plus démunis par la baisse des APL, mesure qualifiée de courageuse par certains membres du gouvernement !

Honte à ceux qui qualifient de courageuse une mesure qui frappe les plus précaires, honte à ceux qui, en augmentant la CSG, osent s’en prendre à la grande majorité des retraités déjà malmenés par le précédent gouvernement, honte à ceux qui prétendent vouloir trier les « bons » et les « mauvais migrants ».

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, c’est au président le plus mal élu de la Ve République, à une Assemblée nationale élue avec une abstention historique, qu’est demandé de réaliser ce que ni Sarkozy ni Hollande n’ont pu réussir. C’est un gouvernement qui s’effondre déjà dans les sondages que le capital financier charge de poursuivre et d’aggraver la loi El Khomri, de s’en prendre aux retraites, à la Sécurité sociale, à l’école républicaine, au statut de la fonction publique, aux services publics par les coupes budgétaires aux collectivités locales… Toute la situation politique se concentre dans cette explosive contradiction. 

Les travailleurs qui, dans l’unité de leurs organisations, ont combattu la loi El Khomri sont parfaitement lucides sur les intentions d’un gouvernement aux ordres du patronat, ils savent que de grands affrontements, classe contre classe, capital contre travail, s’annoncent et que, dans cette guerre déclarée, la classe ouvrière et ses organisations sont capables de construire une force infiniment plus puissante que celle déjà fragilisée, regroupée autour d’un banquier d’affaires. 

C’est forts de cette conviction que les militants ouvriers regroupés dans les comités de liaison et d’échanges, tous les travailleurs engagés dans la défense des conquêtes de 1936 et 1945, se préparent à ces chocs. Pour cela, ils disposent d’un puissant facteur d’organisation, leur journal, Informations ouvrières. Abonnez-vous ! 

(1) Jérôme Fouquet, Ifop, cité dans Les Échos le 14 août 

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