Informations Ouvrières n°515

Les communes dans le viseur de Macron…
mercredi 8 août 2018
par  poivitrolles
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Les communes dans le viseur de Macron…
Fabrice Rastoul, membre du bureau national du POI
L’Association des maires de France annonce qu’elle boycottera, avec d’autres associations d’élus, la prochaine conférence des territoires organisée par le gouvernement. Son porte-parole explique que, depuis 2014, le nombre de maires démissionnaires en cours de mandat a augmenté de 55 %. Ce lundi 6 août, France Inter donne la parole à un de ces maires, élu depuis dix ans dans une commune rurale du Sud. Il explique : « Avant, l’État était là pour aider les communes. Maintenant, il est contre les communes ! »
Voilà en une formule résumé ce qui est au centre de la politique du gouvernement Macron- Philippe, la destruction des communes ou plus précisément le démantèlement des services publics de proximité que les communes organisent. Le plan est précis et repose essentiellement sur quatre points :
– diminuer de manière drastique les dotations globales de financement données par l’État aux communes (13 milliards en 2018, 16 745 communes ont vu leurs dotations diminuées) ;
– diminuer ou supprimer les autres ressources financières (la future suppression de la taxe d’habitation) qui permettent aux communes d’établir un budget ;
– s’attacher la complicité dans la mise en oeuvre du plan des élus des 319 plus importantes collectivités par la signature d’un contrat État/collectivité par lequel les élus locaux s’engagent à plafonner l’augmentation des dépenses de fonctionnement à 1,2 % par an ;
– destruction du statut de la fonction publique territoriale, notamment en mettant fin à l’unicité de la grille des salaires et en organisant des départs « volontaires » de fonctionnaires territoriaux.
Oui, mais !
Certes, des élus démissionnent, mais peuton en conclure qu’ils renoncent aux raisons qui les avaient amenés à solliciter un mandat, et notamment à leur volonté de maintenir et de développer des services publics ? Certainement pas !… Et pas un jour ne passe sans qu’un de ces élus démissionnaires ne profite de la moindre occasion pour expliquer les raisons de sa décision, ce qui déjà en soi est un acte de résistance.
Certes, d’autres élus contractualisent avec le gouvernement pour justifier les baisses de budget et liquider plus rapidement des services indispensables aux populations en s’attaquant au préalable aux acquis des agents qui mettent en oeuvre ces services. Mais faut-il là aussi en conclure que ces personnels renonceraient au combat ? Certainement pas !… Et pas de répit dans les centaines de mobilisations organisées par les organisations syndicales pour là aussi résister aux plans de liquidation.
Certes, le représentant des banques, en bon opportuniste, s’est fait élire président avec le score le plus étriqué de toutes les joutes électorales de la Ve République ; il a constitué un gouvernement avec d’autres opportunistes. Il s’est entouré de sbires autorisés à aller « casser du manifestant »…Oui, mais à ce jour, il a dû lui-même faire limoger le chef des sbires dont il se dit qu’il partageait les vacances du couple présidentiel. Le début de la débandade ? L’avenir nous le dira.
Les communes sont l’oeuvre d’une révolution et nous faisons le pari qu’elles ne disparaîtront pas sur l’autel fumant du macronisme. La recherche de la solution se fait par l’addition de toutes ces résistances. Comme parti, le POI y participe notamment dans le cadre des initiatives du Comité national de résistance et de reconquête, auxquelles nous vous proposons de participer.

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