Informations Ouvrières n°460

C’est le moment !
mercredi 5 juillet 2017
par  POI National
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C’est le moment ! 

Emmanuelle Perrière, membre du bureau national du POI

« Emmanuel Macron engage la réforme que les chefs d’entreprise considèrent comme la mère de toutes les batailles » écrit Le Figaro au lendemain de la présentation du projet de loi d’habilitation en Conseil des ministres le 28 juin. « L’expression n’est pas exagérée », poursuit Le Figaro qui précise : « S’il veut remporter la mère de toutes les batailles, E. Macron doit commencer par la livrer sans merci… » et « encore faut-il mener ce projet à son terme, sans le dénaturer »

Mais qu’est-ce qui fait redouter à l’éditorialiste que le « Jupiter » de l’Élysée puisse ne pas aller jusqu’au bout de ses projets ? 

N’est-ce pas la crainte de voir ressurgir et déferler sur le terrain direct de la lutte de classe, autour de l’axe de la résistance qui vient d’être réaffirmé à l’occasion du rassemblement des unions régionales d’Île-de-France CGT, FO, FSU, Solidaires, avec l’Unef, le 27 juin dernier à Paris, le puissant mouvement qui avait jeté dans la rue contre la loi travail, l’an dernier, cinq mois durant, des centaines et des centaines de milliers de travailleurs et de jeunes avec leurs organisations syndicales indépendantes ? 

N’est-ce pas précisément par « crainte d’un mouvement social d’ampleur » (Le Journal du dimanche, 25 juin) que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, veut « aller vite », sous couvert d’une « vraie concertation » avec les « partenaires sociaux », jusqu’à miser « sur la neutralité des syndicats » (Le Figaro, 26 juin) ? 

Cela peut sembler un paradoxe pour ce gouvernement qui prétend agir comme un « pouvoir fort », alors qu’il ne représente que 15 % des inscrits et qu’il va déjà de crise en crise (1). 

Un an après la loi travail, « axe de la collaboration » et « axe de la résistance » s’affrontent donc de nouveau. 

Face à l’accentuation caricaturale du caractère « monarchique » d’une Ve République qui se décompose à vue d’oeil, la décision des députés de La France insoumise de boycotter le Congrès convoqué par Macron à Versailles s’inscrit dans le mouvement de rejet et la volonté de rupture qui se sont exprimés lors des élections (abstention record, vote Mélenchon). 

Un même mouvement de rejet et de refus qui s’affirme : agents des lycées de l’ex-région Poitou- Charentes manifestant avec tous leurs syndicats unis (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, FA-FPT) contre l’amputation de 6 % à 8 % de leur rémunération totale ; représentants syndicaux de l’usine Alstom de La Rochelle-Aytré exigeant tous ensemble (CGT, FO, CGC, CFDT) l’annulation du licenciement abusif d’un des leurs ; représentants syndicaux (FO, FSU, Unsa, CFDT) au comité technique académique de Poitou-Charentes votant unanimement contre la proposition de la rectrice d’académie d’embaucher des enseignants contractuels en lieu et place de professeurs des écoles sous statut pour la prochaine rentrée ! 

Précisément, parce qu’il y a urgence à « se regrouper afin d’organiser la résistance », la tribune de la conférence du 25 mars vient de lancer, dans ce journal, un appel à tous les travailleurs, militants ouvriers, élus, démocrates, laïques, jeunes qui souhaitent préserver toutes les conquêtes sociales et démocratiques, notamment celles de 1936 et de 1945, pour qu’ils constituent dès cet été leurs « comités de résistance et de reconquête ». Les adhérents du POI organisés autour du journal Informations ouvrières, tribune libre de la lutte des classes, y contribueront bien évidemment à leur place. Parce que c’est le moment ! 

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(1) Départ de quatre « poids-lourds » du gouvernement, chef de l’État qui brûle la politesse à son Premier ministre en convoquant députés et sénateurs en session extraordinaire du Congrès pour entendre son propre « discours de politique générale ». 

IO460 

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